En plein coeur de l’Afrique centrale

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Les formalités de rentrée au Congo sont assez rapides, le plus long étant de retrouver la douanière en charge du contrôle du Carnet de Passage ! Puis nous reprenons la route en évitant les arbres tombés à cause des orages récents. Le soir venu, nouvel orage, et donc repas + soirée dans la voiture.

 

La route continue, la forêt semble infinie. Quelques rivières et plans d’eau nous permettent de faire de jolies photos.

 

Et au détour d’une pause déjeuner, activité lance-pierre et course à pied avec quelques petits curieux.

 

Nous dormons dans le village de Lango, où une activité rando dans la forêt tropicale est prévue le lendemain matin. Départ à 7h avec Jeff, un des fils du chef, avec l’espoir d’apercevoir des gorilles ou des éléphants de forêt. Nous le suivons dans la forêt très dense, où le chemin est à peine visible. Il est obligé de l’agrandir à la machette. Malgré cela, nous traversons la végétation et sommes vite trempés par la rosée matinale. Nous parvenons à l’ancien village, qui a été déplacé une fois la route goudronnée construite. Concernant les animaux, chou blanc, mis à part quelques singes aperçus de loin et les inévitables insectes et oiseaux.

 

Marcher dans la forêt, c’est fatigant et ça donne soif : on partage donc un verre dans le “bar” du village, tout en discutant avec les habitants ou les gens de passage.

 

Et la route vers le sud continue. Au programme : petit-déj sous la pluie, un peu d’entretien mécanique et passage de l’équateur ! On commence à réaliser le chemin parcouru depuis Lille, et nous changeons d’hémisphère !

 

Nous arrivons à la capitale, Brazzaville, et comme la plupart des overlanders, nous nous installons au tennis club pour quelques jours. Le soir venu, direction le centre-ville pour une animation bien congolaise : les sapeurs. C’est une culture bien spécifique de certains quartiers de Brazzaville : celle de la sape, ou le plaisir d’être bien habillé. Ils se prennent très au sérieux et se prêtent bien volontiers au jeu de la photo ou de la vidéo ! L’un d’eux nous confie avoir 14 paires de chaussures, dont certaines en peau de python ou de crocodile.

 

La soirée se termine au Lampadaire, où Thomas, présent au Congo depuis 7 ans, nous promet le meilleur poulet de la ville.

 

Notre deuxième jour dans la capitale congolaise sera placé sous le signe de la mécanique : un peu d’entretien et de contrôle, et pause déjeuner avec du poisson sauce aubergine et ses bananes plantains.

 

Nous retrouvons une nouvelle fois Thomas, qui nous fait découvrir certains de ses endroits préférés, et cette fois c’est le bar du Shogun, situé face au fleuve avec une vue imprenable sur Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo (RDC) située juste en face. Et cela va surprendre plus d’un de nos lecteurs : il n’y a pas de pont entre ces deux capitales ! On y accède soit par bateau, soit par une route de plusieurs centaines de kilomètres.

 

De toute façon, nous n’avons aucune envie de nous y rendre. Si Brazzaville est plutôt tranquille avec ses 2 millions d’habitants et une circulation tout à fait acceptable pour une capitale africaine, Kinshasa est bien différente : 17 millions d’habitants, soit presque trois fois plus que toute la population du Congo, des embouteillages monstres et des problèmes d’insécurité.

Une amie de Thomas, Lise, travaille à l’école spéciale de Brazzaville et nous propose de venir la visiter. L’école scolarise gratuitement les exclus de la société congolaise : enfants déscolarisés ou en retard, handicapés mentaux et moteurs, jeunes adultes analphabètes. Elle nous confie notamment que certains élèves ont 22-23 ans alors que les cours vont jusqu’au niveau 6e.

 

Nous nous dirigeons ensuite vers un bar-restaurant pour admirer la vue sur les rapides du Congo. L’occasion de sortir quelques chiffres : le fleuve Congo est le 8e plus long du monde (2e en Afrique) et possède le 2e débit le plus fort après l’Amazone : 40 000 m³ par seconde, avec des pics à 80 000 m³/s ! C’est également le fleuve le plus profond du monde, avec par endroits des profondeurs d’environ 220 m. Des enfants s’amusent à se laisser transporter sur quelques dizaines de mètres dans le fort courant du fleuve.

 

Une fois n’est pas coutume, nous changeons nos plans et rebroussons chemin en direction du nord pour aller visiter une partie de la réserve de Lefini. Nous croisons quelques paysans sur la piste puis arrivons dans l’après-midi au bord de la rivière Louna, où un camp est installé. La piste pour le rejoindre est superbe !

 

Le lendemain, nous prenons un bateau pour aller voir des gorilles. Il y en a trois en semi-captivité. Ils ont été récupérés auprès de braconniers ou de zoos, et l’objectif est de les remettre en liberté. Pas toujours facile : le premier d’entre eux, Eko, est là depuis 10 ans. Il ne consomme que la nourriture apportée par les gardes et est trop fainéant pour se nourrir tout seul.

 

Lors du trajet vers la seconde île où sont installés les deux autres gorilles, nous apercevons furtivement un hippopotame ! Mais ils peuvent rester plus d’un quart d’heure sous l’eau, et nous ne le reverrons plus. Nous restons quelques minutes à observer les deux autres gorilles et apprenons que leur poids peut avoisiner les 300 kg à l’âge adulte.

 

Les voir de si près est impressionnant, et après la tentative manquée d’en apercevoir lors de notre balade forestière, on ne regrette pas ce choix. Si le prix semble assez élevé (67 € par personne pour la balade en bateau, plus 23 € pour l’accès à la réserve), ce n’est rien comparé à certains prix pratiqués en Afrique de l’Est, au Rwanda ou en Ouganda, par exemple : 700 $ ! Mais en sortant du bateau, nous croisons Priva, un écogarde qui nous en dit un peu plus sur le fonctionnement de la réserve. Le tourisme n’en est pas la vocation première, la priorité est donnée à la lutte anti-braconnage. Il existe plusieurs camps de base le long de la rivière et les gardes y passent une semaine entière en patrouillant dans la forêt. La sanction peut être sévère : 5 ans d’emprisonnement en cas de chasse d’une espèce interdite. Mais ça, c’est dans les faits, car entre la corruption, le racket des braconniers par les gardes et l’attrait de la population pour la viande de brousse, tout n’est pas si rose.

 

Arrivés en bas de la piste, l’endroit est magnifique ! L’eau est transparente, le cadre incroyable, un vrai petit paradis. On profite d’une bonne baignade, puis d’une bonne douche, un gros orage venant perturber notre calme.

 

Nous passons une nuit sur place, seuls au monde. Une nouvelle baignade de bon matin, un retour sous la grisaille qui n’entache pas la beauté du paysage.

Mais un bruit suspect venant de sous la voiture nous inquiète un peu. Le diagnostic est rapide : une des pièces que nous venons de faire changer a déjà lâché… Retour sur Brazzaville obligatoire, alors que nous comptions l’éviter grâce à une route plus au nord. C’est donc un retour au tennis club, où nous sommes de nouveau accueillis très gentiment par la gérante portugaise, Nela. Retour également au Lampadaire pour un autre poulet ! Bien sûr, nous y recroisons, comme toujours, Thomas et sa troupe. Nous finissons la soirée chez un autre expatrié, Diego, un biologiste dont le travail est d’éviter la propagation des maladies, notamment en provenance des animaux sauvages.

 

Le lendemain nous profitons de nos connaissance pour faire une journée type expat : l’hebdomadaire tournoi de pétanque du dimanche matin, et l’après-midi nous sommes invités chez un autre expatrié américain (que nous ne connaissons pas…) pour un combo piscine / barbecue.

 

Et nous retournons une dernière fois voir les sapeurs, plus nombreux cette fois si que la semaine précédente.

 

Une dernière nuit au tennis club et nous partons finalement, une semaine après la date prévue ! Direction plein ouest, vers Pointe-Noire. La route est en excellent état, et plutôt jolie avec des collines enherbées et quelques rivières. Les 500 km entre les deux principales villes du Congo sont avalés facilement.

 

Mais une fois à Pointe-Noire c’est une autre histoire, on en regrette presque les pistes du Nigéria ! Entre les bouchons du marché et l’état de la route, il nous faut du temps pour traverser la ville.

 

Nous passons une nuit au Mukiwa beach, et profitons de notre dernière soirée dans ce pays pour déguster une excellente langouste grillée, un régal !

 

Après cette nuit passée en partie à nous battre contre les nombreux moustiques (si on a pas le palu, c’est un miracle !), nous quittons le Congo en direction de l’enclave angolaise de Cabinda. Passage quasi-obligé avant de traverser l’autre Congo, la RDC, puis d’arriver en Angola. Le passage à la frontière est encore une fois tranquille, avec une petite anecdote typiquement africaine : nous perdons 20 minutes à attendre que la pluie se calme puisque la policière à l’entrée de l’Angola ne veut pas se mouiller pour prendre notre voiture en photo !

 

En Angola la bonne nouvelle c’est le prix du carburant : 0.20€ le litre, ça va faire plaisir au portefeuille. Nous arrivons dans la ville de Cabinda, et l’on remarque bien vite les longues files d’attentes aux stations essences. Avec deux frontières non loin et un carburant si bon marché, la contrebande est tentante. Heureusement, nous avons pu faire le plein avant d’arriver dans la ville et n’avons pas eu à patienter. A Cabinda, nous passons la nuit à côté de l’église de la mission catholique.

La plage de Cabinda, joli coucher de soleil mais pleine de déchets

 

Puis nouvelle frontière le lendemain, celle pour rentrer en RDC. Le pays le moins rentable de notre séjour : un visa à 230€ par personne, pour un pays où nous ne restons qu’une seule nuit pour différentes raisons : la police est réputée très corrompue et n’hésite pas à racketter tout le monde, touristes comme locaux ; certaines zones du pays ne sont pas sûres voire carrément dangereuses, notamment l’est du pays où la guerre sévit ; et enfin le pays est immense et les sites touristiques principalement situés dans les zones innacessibles. Dès le premier contrôle à quelques kilomètres de la frontière nous sommes dans le bain : le policier nous sort des phrases lunaires telles que “vous les français, vous n’aimez pas les congolais” où “nous on ne veut pas de touristes chez nous”. Heureusement les contrôles suivants se passeront bien, nous en rencontrons 5 ou 6 sur les 250 km de la traversée du pays.

Des chargements toujours plus...
surprenants !
Le fleuve Congo

 

Nous arrivons à Matadi, ville réputée pour ses bouchons interminables (nous avons eu vent de voyageurs ayant mis 4h pour faire 4 km !), de bonne heure et sous un déluge comme nous n’en avions encore jamais vu ici. On esperait profiter de la vue en traversant le fleuve Congo, mais la pluie masque tout. Du coup, quasiment personne dans les rues, mis à part un congolais un peu dans la lune qui s’arrête devant nous, descend de son véhicule garé en pente, et se rend compte un peu tard qu’il n’a pas mis le frein à main et nous rentre dedans… Ou encore un peu plutôt sur la route, toujours sous le déluge, une voiture qui transporte un passager sur le capot (!) dont le rôle est… d’actionner les essuies-glaces à la main !

Pour toi Simon

Enfin bref, nous quittons finalement la RDC et avec ça l’Afrique francophone. Il nous faut vite apprendre quelques mots de portugais pour profiter au mieux de l’Angola désormais !

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Caudron
Caudron
10 jours il y a

Coucou les jeunes !
Contents d’avoir de vos nouvelles !
L’aventure continue son chemin, …
Les paysages sont beaux !
On avait goûté aussi à la forêt Amazonniene, un truc grandiose ! La végétation est surprenante, les animaux aussi .. de quoi se perdre d’ailleurs. On en garde un super souvenir.
Vous êtes des chanceux lol !

Aussi, ilbest beaucoup de voir des hommes aussi bien habillés… des notes à prendre pour jéjé 😊😉.

Au plaisir de vous lire prochainement !
Amusez vous bien et attention à vous.
Bisous

Alix
Alix
12 jours il y a

Je vous suis, toujours en attente de vos nouvelles aventures. Prenez soin de vous