A travers les steppes, jusqu’en Tchétchénie

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Almaty derrière nous, c’est vers le nord que nous nous dirigeons, avec dans l’idée de faire un boucle passant dans l’Altaï, non loin de la frontière avec la Chine, puis par Astana, et de rejoindre la route du sud passant part Turkestan et au niveau de la mer d’Aral. On refait notre itinéraire le soir afin de fignoler tout ça, le verdict tombe : plus de 7 000 km à faire en deux semaines ! C’est trop, beaucoup trop, ça laisse trop peu de temps pour les visites et on n’est pas certain de la qualité des routes. On décide donc d’annuler quelques visites, mais cela nous ramène quand même à 6 000 km à faire avant la sortie du pays.

 

 

 

 

 

Les deux premiers jours de route nous emmène au Lac Zaïvan, que nous devons traverser en ferry, puis aux montagnes colorées de Kiin-Kerish.

Un petit tetris ?

 

On a le droit à un superbe coucher de soleil, et se ballader dans ce décor à la tombée de la nuit nous donne l’impression d’être sur une autre planète.

 

Nous rejoignons ensuite le ferry par un autre itinéraire qui nous fait longer les falaises du lac.

 

Pour aller vers Astana, on passe à proximité de la région dite du ‘Polygone’. Durant les années 50, des essais nucléaires ont été réalisés par l’armée soviétique. Plus de 100 bombes ont été larguées dans ce périmètre. Aujourd’hui, la zone est quasi-déserte, et certains endroits peuvent se visiter. Il est néanmoins conseillé de porter des protections (masque, longs vêtements) contre la poussière encore radioactive.

Mais nous ne comptons pas aller dans le polygone. Nous faisons simplement un crochet par la ville fantôme de Chagan, qui servait de base pour les essais. De la ville, il ne reste que quelques immeubles délabrés, et de la base aérienne, les pistes ainsi que quelques hangars qui servent d’abri pour les vaches.

 

Karaganda est une ville connue pour l’extraction du charbon, et pour son goulag. Le choix du lieu étant bien sur lié à la présence de charbon. Construit sous Staline, des prisonniers de nombreuses nationalités y ont séjournés : des allemands, polonais, coréens, ukrainiens…

En plus de l’extraction de charbon, les prisonniers travaillaient également dans les champs, ou à la construction de bombes, notamment durant la seconde guerre mondiale.

Dans l’ancien bâtiment administratif, on peut avoir un aperçu des conditions de détentions, ainsi que de la propagande Stalinienne, via le musée et les pièces reconsituées.

Nous sommes surpris d’apprendre que les prisonniers avaient un accès à la culture, à travers quelques concerts ou pièces de théâtre.

Cela dit, bon nombre de personnes y ont trouvé la mort. De jeunes enfants accompagnaient leur mère, et des femmes enceintes y étaient également envoyées. Plus de 2000 enfants y ont péri entre 1940 et 1952.

 

Et un peu plus tard, nous entrons à Astana. On commence par la mosquée Hazret Sultan. C’est la plus grande du pays, et elle est magnifique !

 

En fait, la ville ne s’appelle plus Astana, elle a changé de nom récemment pour s’appeler Nur-Sultan. Ce nom rend hommage au premier président du pays, Nazarbaev (de son prénom… Nursultan!), qui a occupé le pouvoir depuis l’indépendance en 1991, et ce jusqu’en 2018. Il a d’ailleurs été réélu en 2015 avec 97,7% des voix. Et ses opposants sont régulièrement réduit au silence, prison ou suicide suspect. Une autre petite anecdote : le 6 juillet, c’est la fête de la ville, célébrant le jour où elle est devenue capitale à la place d’Almaty. Et qui est né un 6 juillet ? Nazarbaev bien sur !

Une série de photos à la gloire du président

 

Néanmoins, la ville connaît un essor spectaculaire et sa population augmente tout les ans. C’est une ville récente, et la plupart des sites intéréssants sont situés sur un même immense boulevard.

 

 

Et on finit la visite avec un centre commercial d’une grandeur démesurée, qui comporte en plus des magasins, du supermarché et des restaurants une tour de chute, un monorail et une piscine ‘tropicale’ type centerparcs !

Une fois n’est pas coutume, nous passons la nuit sur un parking de la ville. Mais aucun problème, une nuit même plutôt calme sans dérangement. On peut alors partir tranquillement vers les lacs Bourabaï, à 250km de là. C’est notre dernière étape touristique avant plusieurs jours de route, donc on profite un peu du paysage et d’une petite baignade.

 

On part ensuite pour 4 jours de route, et quasiment 3000km à travers d’immenses steppes, avant de rejoindre Beyneu, au sud-ouest du pays, dans la province du Manguistaou.

La monotonie de la route !

 

Et là, on recroise Charlotte, Julien et leur chien Django, rencontrés à Song-Köl au Kirghizistan. Eux partent vers la Russie, et nous prendrons le même chemin quelques jours plus tard. C’est donc l’occasion de raconter nos différents parcours depuis notre rencontre.

 

Puis on s’enfonce dans le Manguistaou. C’est une immense steppe désertique, avec des décors surprenants et quelques mosquées souterraines / troglodytes. On peut en visiter deux le premier jour : Sultan Epe et Chepek Ata.

 

La chaleur est écrasante, on retrouve nos 38-40 degrés qui ne nous avaient pas tellement manqués. Mais les décors désertiques sont surprenants !

 

On passe également par Aktau, c’est l’occasion de voir la mer Caspienne, et également de nombreux puits de pétroles.

 

Une excellente route nous amène à Chopan-Atan, une autre mosquée. On est accueilli par l’imam qui nous donne quelques explications en russe. On arrive à comprendre 2-3 trucs, avec quelques difficultés. Notamment qu’on est dans la maison où Chopan repose avec sa famille, et qu’il a construit une petite mosquée juste à côté. 

Nous sommes ensuite conviés à prendre un thé et à un casse-croûte, comme tout les pélerins venant ici.

 

 

Le camping à proximité se fait sous les étoiles, et toujours en pleine chaleur, avec encore 36° à 22h…

Et c’est sous une température aussi caniculaire que nous allons admirer les formations de Bozhira.

 

 

Malgré ce décor superbe on y reste pas longtemps, il fait plus de 40° et pas de vent pour nous rafraichir.

Nous partons donc vers le lieu de pélerinage le plus important de la région : Beket-Ata. On pensait voir quelques touristes étrangers, mais nous sommes les seuls parmi de nombreux pélerins. Nous sommes de suite invités à partager le thé et quelques victuailles. Nous avons la chance d’être entourés de deux jeunes lycéennes parlant très bien anglais, ce qui nous permet de communiquer avec les kazakhes. Beaucoup sont surpris de voir des touristes ici, et nous demandent comment nous avons eu entendu parler de ce lieu.

 

Un peu plus tard, les pélerinages commencent. On descend donc vers la mosquée, et tout le monde a emporté des bouteilles d’eau vide pour les remplir dans une source aux vertus médicinales.

A l’entrée de la mosquée, il y a beaucoup de monde, et il faut attendre son tour pour pouvoir y entrer.

 

Le retour est très difficile, avec la chaleur on est très vite fatigué. Il y a beaucoup d’endroits pour faire une petite pause où nous sommes invités pour nous reposer avec les kazakhes. Arrivés en haut, on saute dans la voiture, clim à fond et on repart ! Notre aventure kazakhe touche à sa fin, et nous avons 1300km à faire avant de rejoindre la frontière russe.

Jamais seuls sur la route

On rentre en Russie sans problème, le passage de la frontière se fait plutôt rapidement, autant du côté kazakhe que russe. Mais arrivé à la première ville, petit souci : il faut payer 140 roubles (environ 2 euros) pour passer un premier pont. Problème, nous n’avons pas de roubles ! Nous pensions trouver un bureau de change, ou une banque, mais ni l’un ni l’autre ! Finalement nous arrêtons une voiture kazakhe avec laquelle nous arrivons à échanger quelques roubles contre quelques tenges (monnaie kazakhe).

Puis nous arrivons à Astrakhan, une grande ville de 300 000 habitants. Nous visitons le Kremlin (la citadelle) de la ville, et la cathédrale.

Il nous  faut également échanger nos 20 000 tenges restant, soit environ 45€. Malgré que le pays soit distant d’à peine 100km, aucune banque ne veut / peut les échanger ! Après une dizaine d’essais, nous en trouvons une qui accepte, mais pour un taux équivalent à la moitié du taux réél… Nous préférons trouver une autre solution.

Sur la route vers la Géorgie, nous doublons des camions kazakhes. Leslie leur fait de grands signes, les billets à la main, deux routiers s’arrêtent et sont ravis de nous rendre service en échangeant le reste de notre monnaie kazakhe !

Un peu plus loin, c’est le drame. Une sangle sur le toit lâche, et un bidon plein de gazoil tombe et fracasse la vitre arrière gauche.

Nous espérons trouver une solution à Grozny. On entre alors en Tchétchénie. La région est fort militarisée, il faut passer un barrage et s’enregistrer à l’entrée et à la sortie. Mais nous ne ressentons absolument aucun sentiment d’insécurité.

Arrivés à Grozny, on s’arrête dans un garage pour résoudre notre problème. Après quelques coups de fils, on nous apprend qu’on ne trouvera pas la pièce ici. Mais Anzor et Ibrahim nous bricolent une solution de secours avec du film plastique, et il nous est impossible de payer, autant le matériel (que nous allons acheter en compagnie d’Anzor) que la main d’oeuvre ! Pendant qu’Ibrahim fignole notre vitre temporaire, Anzor s’absente puis revient quelques minutes plus tard, avec quelques provisions qu’il nous offre gracieusement !

Ibrahim et Anzor
Cadeau de la maison !

Ravis de cette rencontre, et encore une fois impressionnés par l’accueil rencontré, qui sonne comme un pied de nez à la mauvaise réputation de la Tchétchénie, nous faisons un petit tour dans Grozny. 

L'idée du siècle ! Des bancs-balançoires

Nous ne passerons pas de deuxième nuit en Russie, et nous passons la frontière avec la Géorgie en fin de journée. Nous attendions ce moment avec impatience : à nous le bon vin et les tartes au fromage !

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