Voyage au pays de l’étrange

Voyage au pays de l’étrange

Le Turkménistan, rien que pour y entrer, c’est une sacrée histoire !

 

Pour les touristes, il y a 2 types de visa : le visa touristique et le visa de transit.

Le visa touristique s’obtient à l’aide d’une lettre d’invitation, le plus souvent fournie par l’agence de voyage. Oui, parce qu’il faut obligatoirement passer par une agence de voyage pour avoir le visa. Il faut compter environ 150$ par jour sur place, qui couvrent tout : déplacements, nourriture, logement, et nourriture + logement du guide et du chauffeur.

Parce que oui, il y a un guide qui vous suivra partout ! Vous avez dit Corée du Nord ? Pas loin…

 

Le visa de transit est différent. Il couvre une durée de 5 jours, et comme son nom l’indique il permet de transiter par le Turkménistan pour se rendre d’un pays à un autre. Dans notre cas, de l’Iran à l’Ouzbékistan. Ce visa fonctionne uniquement pour une arrivée terrestre (ou maritime). Il coûte 55$ par personne.

 

Nous avons donc choisit le visa de transit. Nous avons effectué la demande à Téhéran, après 3 semaines nous l’avons récupéré à Mashhad. Lors de la demande il faut préciser les dates d’entrée et de sortie, la frontière d’entrée, la frontière de sortie, les lieux visités. Il paraît qu’il y a un taux de refus (aléatoire) de 50%, même si ce chiffre tend à s’améliorer depuis quelques années.

 

Une fois le visa en poche (youhou), nous nous dirigeons donc vers la frontière. La sortie d’Iran se fait sans encombre, et on peut changer nos derniers rials en manats (la monnaie turkmène).

 

L’entrée au Turkménistan est un peu longue, plein de formalités administratives. Enfin plutôt de paiments… 12$ par personne à l’immigration, puis 119$ pour la voiture, comprenant en vrac l’assurance, les frais de dossiers, la compensation du coût de carburant…

 

Une fois toutes les formalités faites, petite fouille de la voiture et hop on peut rentrer. Le tout nous aura pris environ 2h (sortie de l’Iran + entrée au Turkménistan). Ce qui est bien, mais pas top.

 

Ashgabat, la capitale est à environ 25km de la frontière. Dès qu’on y entre, on a l’impression de se trouver dans un autre monde. Des boulevards immenses, et les quelques voitures qui y circulent sont toutes récentes, blanches et surtout très propres. Ah oui, on risque une amende si on se promène ici dans une voiture sale…

 

Le blanc domine la ville. L’ancien président a reconstruit une grande partie des batiments en marbre. Alors oui c’est très beau mais apparament la ville était beaucoup plus verte avant. Il y a néanmoins de nombreux très jolis parcs, et surtout la ville est nickel, pas un déchet ne traîne par terre. La bonne surprise c’est la conduite ! Après l’Iran cela nous fait bizarre de voir les gens respecter les priorités et ne pas couper notre route.

 

On se gare sur un parking d’un hôtel où l’on est autorisés à rester pour la nuit. Et nous allons vite chercher se qui nous manquait un peu en Iran, une bonne vieille bière.

Ca fait plaisir !

 

La chaleur est étouffante, près de 40°, et malgré cela la piscine de l’hôtel n’est pas ouverte : ‘not warm enough !’ nous dit on à la réception.

 

Nous attendons la fin d’après midi pour aller faire un tour dans la ville. Un petit tour dans le bazar russe pour échanger quelques dollars, et lorsque Leslie sort son appareil photo, un grand gaillard surgit devant nous en s’exclamant ‘no photo, no photo !’ Ca n’est qu’un marché, on ne comprend pas trop.

 

On va faire un petit tour sur la place de l’Indépendance, et on aperçoit deux policiers. On décide d’aller les voir pour leur demander ce qu’on peut, et ce qu’on ne peut pas prendre en photo autour de cette place (il y a beaucoup de bâtiments officiels, et surtout le palais présidentiel un peu plus loin). Mais on a même pas le temps d’arriver jusqu’à eux qu’ils nous dégagent fissa fissa à coup de grand geste et de cris en russe. Bah oui, on était quand même à près de 200m du palais présidentiel, faut pas déconner.

Des photos pas très légales

 

 

 

On se pose quelques minutes dans un parc avec ce bon vieux Lénine pour nous tenir compagnie, puis on retourne tranquillement vers l’hôtel.

 

On se fait accoster par un turkmène qui parle un peu l’anglais. On comprend un peu mieux là où on a mis les pieds. C’est un état paranoïaque, ultra-policier et tout le monde est surveillé. Nous également : on nous a fourni un traceur GPS à brancher dans notre voiture et à rendre à la sortie du pays.

Un exemple qu’il nous donne : si la police vous contrôle une fois avec de l’alcool dans le sang, 3 jours de prison. La seconde fois, 10 jours. La troisième fois, 1 an avec désintoxication au programme !

 

L’atmosphère est assez bizarre ici et ne nous donne pas envie d’y rester. Le lendemain nous filons vers un endroit unique en son genre, tout droit vers l’enfer !

 

Mais ici l’enfer n’est pas gardé par Cerbère mais par quelques yourtes. Il ne faut pas traverser le Styx pour s’y rendre mais le désert du Karakoum. Cet endroit, c’est le cratère de Darwaza, fruit d’une petite boulette de la part de géologues soviétiques en 1971 (et oui, ils ne font pas que sauver le monde!). Lors d’un forage, ils pensaient trouver du pétrole, ils ont trouvé du gaz. Sauf que rien n’a été prévu pour récupérer ce gaz, ils décidèrent d’y mettre feu pensant que la résèrve s’épuiserait assez vite. Sauf qu’aujourd’hui, 48 ans plus tard, le cratère brûle toujours.

 

L’endroit est surprenant de jour, et très impressionant la nuit. La lumière est visible de très loin et la chaleur qu’il dégage est impressionnante. Le site a bien gagné son surnom de ‘porte de l’enfer’.

 

Et l’enfer continue le lendemain. Si on ne parlera pas du lait pétillant qui est mal passé pour Jérôme, la route est une horreur. Nid de poule après nid de poule, route tantôt en bon état tantôt complètement défoncée, il nous faudra presque 5h pour faire les 270km qui nous séparent de Kounya Ourguentch, la ville frontalière avec l’Ouzbékistan, avec une témpérature atteignant les 46° (record du voyage battu).

On est pas des mitos !

 

On profite de cette ville pour dépenser nos derniers manats. Gazole, petit restaurant et le plein de nourriture. Apparament il est très difficile de changer ses manats dans une autre monnaie.

 

C’est avec un sentiment mitigé que nous quittons ce pays. Il est difficile de se faire une opinion en à peine plus de 3 jours, et si l’accueil a été très bon de la part des locaux, l’expérience du totalitarisme laisse un goût amer à cette traversée.

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Jerome BajartAnnsoMaxou Auteurs de commentaires récents
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Annso
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Annso

Et un BBQ ????

Maxou
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Maxou

Même pas un petit bain dans le cratère!!!!!