Le Malawi ! Un pays qui ne parle pas à grand monde, et si l’on nous avait demandé de le placer sur une carte avant notre départ, Dieu seul sait où nous l’aurions mis. Nous y entrons en compagnie de nos amis allemands, Jens, Régina et Marie, non sans nous être fait habilement subtiliser 20 dollars par des changeurs juste avant le passage de frontière. Et pourtant, nous savons bien qu’il faut être très vigilants dans ces moments !
Nous roulons quelques heures en direction de la capitale, Lilongwe (comme tout le monde le sait, bien entendu), et dépassons bon nombre de vélos lourdement chargés.
Nous passons notre première nuit dans une petite parcelle non cultivée, avec l’accord du propriétaire bien sûr. Il viendra d’ailleurs nous saluer de très bonne heure le lendemain, à peine le jour levé, vers 5h30 !
Il est l’heure des séparations avec nos amis. Nous allons tous vers le sud, mais eux en direction du lac Malawi et nous un peu plus loin, dans le parc national de Liwonde. C’est un parc relativement petit (548 km²) et facilement accessible grâce aux pistes récemment refaites. Et pour une fois, les prix sont avantageux pour les étrangers, du fait de la situation économique du Malawi : leur monnaie, le Kwacha, s’achète à un taux très favorable au marché noir. Si le taux officiel est d’environ 1 $ pour 1700 Kwacha, dans la réalité nous obtenons 4000 à 4100 Kwacha pour 1 $. Et même si beaucoup d’organismes, comme les parcs ou les campings, affichent leurs prix en dollars, nous pouvons payer en Kwacha au taux le plus avantageux : celui des banques. La situation n’est pas idéale pour les locaux, leur monnaie étant fortement sous-évaluée à l’international.
Mais revenons au parc, bien plus intéressant que ce petit cours d’économie. Situé au bord de la rivière Shire, il nous permet d’observer de nombreux animaux : waterbucks, zèbres, impalas et quelques éléphants, mais aussi buffles et phacochères. Quelques lions habitent aussi la zone, mais ils resteront bien cachés.
De retour au camping, nous profitons d’un tour en bateau sur la rivière pour aller à la rencontre des animaux plus aquatiques du parc : crocodiles, hippopotames, ainsi que martin-pêcheur, cormorans et autres oiseaux.
Le camping est idéalement situé : dans l’enceinte du parc mais avant la porte d’entrée, et il dispose d’une plate-forme permettant d’observer facilement les animaux : élands et bushbucks pour nous.
Nous prévoyons de rester une journée supplémentaire et de retourner dans le parc, mais nous repérons un nouveau problème sur la voiture : un jeu dans une rotule de direction. Aucun risque : retour à la capitale pour régler le problème. Le diagnostic est bon, la réparation se fait dans l’après-midi, petit parallélisme et hop, nous reprenons la route vers le sud, direction Cape Maclear, tout en bas du lac Malawi.
La route se fait dans un brouillard très dense : nous n’y voyons pas à dix mètres.
Le lac Malawi, c’est un mastodonte long de 590 km et large de 50 km, le troisième plus grand lac d’Afrique. Il borde aussi une partie de la Tanzanie et du Mozambique, mais 75 % de son littoral appartient au Malawi. La plage bordant notre camping est magnifique, l’eau claire, chaude… Un vrai petit paradis. Mais ! Car évidemment il y a un “mais”, et pas des moindres : la bilharziose. Une infection causée par des parasites (des vers), présents dans certaines eaux douces, particulièrement en Afrique. Heureusement, le traitement est simple, efficace et sans danger : un antiparasitaire six semaines après la dernière baignade. À nous la baignade et le snorkeling !
Petit tour en kayak vers une île voisine où le snorkeling est encore plus spectaculaire. Pour une raison simple : les bateaux qui amènent les touristes nourrissent les poissons. La méthode est discutable mais le résultat est là.
De retour sur la terre ferme, petit tour dans le village pour quelques courses. L’occasion d’assister à quelques scènes de vie quotidienne : séchage du poisson, installation des poteaux pour le match de foot !
Nous sommes suivis par quelques gamins du village tout au long de notre promenade, pour leur plus grand plaisir… et le nôtre.
Nous devons une nouvelle fois retourner à Lilongwe ! Le parallélisme n’ayant pas été fait dans les règles de l’art, les soufflets de crémaillère se sont complètement déchirés et les pièces changées sont maintenant à nu, exposées à l’eau, la poussière et la boue. Nous retournons au centre de parallélisme pour les confronter. Heureusement pour nous, Lorenzo, qui s’était chargé des réparations, viendra à notre secours avec des arguments bien plus forts que les nôtres et permettra d’obtenir un remboursement après une longue discussion. Nous devrons toutefois retourner chez lui pour remplacer les soufflets.
Espérons que, cette fois, les problèmes mécaniques restent derrière nous !
Retour en direction du lac, un peu plus au nord. Pause déjeuner riz–légumes–ragoût de bœuf pour la modique somme de 1,20 € chacun, et en dessert ? Des mangues, bien sûr. Nous sommes en pleine saison : il y en a partout, pour des prix dérisoires : environ 1 € la vingtaine de mangues…
Nous arrivons ensuite au Makuzi Beach Lodge, une adresse qui nous avait été recommandée plusieurs fois. Et pour cause ! Le cadre est idyllique, le calme olympien et le lac toujours aussi plaisant. Malheureusement, les trois emplacements du camping sont pris. Après 6 h de route, il est impensable de faire demi-tour pour chercher ailleurs ! Nous négocions une petite place et partageons finalement un emplacement avec Pascal, que nous avions croisé… en janvier dernier en Côte d’Ivoire !
Nous resterons ici trois jours, au calme. Ralentir nous fait du bien, et c’est un peu l’effet Malawi : il est rare que nous passions plusieurs nuits au même endroit, mais ici, les campings sont tellement agréables que cela nous arrive souvent.
Pour changer un peu du lac, nous prenons la direction de la petite ville de Livingstonia. Elle se situe dans les hauteurs : le lac se trouvant dans un rift, il est entouré de montagnes. C’est un nouveau lieu très agréable, offrant une belle vue sur les reliefs environnants… et sur le lac, bien entendu. Le camping propose aussi des plats végétariens originaux : enfin un peu de variété dans notre alimentation ! Des massages y sont également proposés, pour la modique somme de 4,50 €.
Une petite marche nous mène à une jolie vue sur une cascade.
Nous retournons ensuite en direction du lac. Nous venons de recevoir nos visas pour la Tanzanie, ce qui nous permet de planifier notre traversée tranquillement. Nous rejoignons le campement de la fondation Fjona, en compagnie d’Olivia et Pascal. L’occasion de fêter l’anniversaire de Leslie en bonne compagnie !
Une école maternelle financée par la fondation est située dans l’enceinte du camping. Nous la visitons le lendemain matin, guidés par l’un des enseignants, Samuel. Il y a une centaine d’enfants, scolarisés aux niveaux 1 et 2 : l’équivalent de la première et de la seconde année de maternelle chez nous. Les élèves sont « sélectionnés » parmi les familles les plus vulnérables, et apprennent les bases de l’anglais, ainsi que les chiffres, les formes et les couleurs. L’école leur permet aussi de bénéficier de deux repas par jour, ce qui n’est pas forcément évident dans ce pays, l’un des plus pauvres du continent. Malgré le peu de moyens, les enseignants arrivent à s’en sortir avec les moyens du bord. Peu de crayons et de cahiers, mais quelques craies et un tableau pour écrire.
Nous profitons encore un peu du cadre du camping, et des dernières crêpes de Pascal !
Nous continuons ensuite notre route en direction du nord, vers la Tanzanie, et nous nous installons en fin d’après-midi pour notre dernier bivouac autour du lac. La piste qui y mène traverse un village, et nous ne passons pas inaperçus auprès des enfants, qui suivent la voiture en courant !
Il faut faire preuve d’un peu d’imagination pour occuper toute cette marmaille – une bonne trentaine d’enfants – et nous concoctons un petit programme digne d’un centre aéré : pétanque, danse, football, jeu du béret et, pour finir, une pyramide humaine. Et le tout sans BAFA !
Une fois la nuit tombée, ils retournent bien sagement chez eux, et le matin venu, nous reprenons la route vers la frontière tanzanienne. Nous tournons la page du Malawi, un pays qui restera l’un des coups de cœur de notre voyage !
