De l’émerveillement à l’inquiétude

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Notre dernier passage de frontière terrestre remonte à environ deux mois, entre l’Ouganda et le Kenya. Voyons comment cela se passe ici !
Eh bien, très facilement : la sortie d’Oman comme l’entrée aux Emirats Arabes Unis se font sans tentative de bakchich, sans cohue, sans fixeur, sans problème — et ça fait plaisir.

Notre première étape sera la ville d’Al Aqah et Snoopy Island, pour un arrêt snorkeling de haut niveau, avec le récif de corail tout proche, de nombreux poissons et une tortue peu farouche.

Sur la route, nous observons déjà quelques extravagances émiraties, comme cette cascade ou cet amphithéâtre.

Et nous arrivons vite à Dubaï ! Nous rejoignons Emmanuel, expatrié ici en tant que maréchal-ferrant depuis 25 ans. Nous l’avions croisé sur une plage à Oman quelques semaines plus tôt. Son confrère FX nous explique les rudiments du ferrage de chevaux.

Nous avons quelques soucis mécaniques à régler et Emmanuel nous dirige vers son mécano. Nous en profitons pour réparer quelques bricoles, mais notre principal problème — une surchauffe moteur récurrente en montée — restera insoluble pour le moment, puisque la pièce responsable n’est pas disponible ici avant une dizaine de jours. Les véhicules diesel sont rares ici ; pour un véhicule de 25 ans comme le nôtre, c’est presque impossible de trouver certaines pièces spécifiques.

Déjà deux jours ici, et nous n’avons encore rien visité. Réparons vite cet affront avec la visite du vieux Dubaï et de son souk touristique.

Puis, de l’autre côté du canal, les souks de l’or et des textiles. Les vendeurs ne sont pas trop insistants, c’est assez agréable de s’y balader.

Après le vieux Dubaï, direction le nouveau Dubaï. Nous circulons sur une autoroute à six voies pour atteindre l’immense Dubai Mall. Au-delà de ses boutiques (plus de 1200…), cet immense centre commercial est une attraction touristique à lui seul puisqu’il abrite également cinéma, musées, patinoire, cascade…

Nous visitons d’ailleurs l’Arte Museum, un musée qui, à travers diverses salles, propose plusieurs expériences stupéfiantes d’immersion sensorielle : des vagues plus vraies que nature, un jardin de roses mêlant images et odeurs, une cascade perpétuelle dans une pièce remplie de miroirs…
Et pour finir, la plus grande salle propose une visite virtuelle du musée d’Orsay avec une animation d’une vingtaine de minutes, suivie d’une seconde animation plus centrée sur le pays, avec des représentations son et lumière du désert.

Ravis de cette expérience, nous retournons dans le mall et passons devant l’entrée de l’immense aquarium. Nous pouvons y observer raies et requins.

Nous ressortons ensuite du mall pour nous retrouver face à la Burj Khalifa. Il s’agit de la plus haute construction du monde, sa flèche culminant à 828 m. Ça donne le vertige !

Une fois la nuit tombée, la tour s’éclaire, puis c’est au tour des fontaines de s’animer : un spectacle son, lumière et eau de quelques minutes. Impressionnant !

Nous nous écartons un peu du centre-ville pour dormir, à proximité d’un parc abritant un terrain de basket, l’occasion de nous dérouiller un peu et de faire connaissance avec un groupe de joueurs super sympas et accueillants. Lorsqu’ils apprennent que nous sommes passés dans leurs pays respectifs (Nigeria, Cameroun, Rwanda, Kenya), les questions pleuvent !

Retour vers Dubaï pour visiter Madinat Jumeirah : un souk reconstitué abritant restaurants, hôtels et villas. Ce n’est pas très authentique, mais la balade à travers les canaux est agréable. Et nous avons vue sur la célèbre Burj Al Arab, l’hôtel iconique de Dubaï construit en forme de voile.

Avant de quitter la ville, nous souhaitons visiter le quartier de la Marina et ses nombreuses tours.

 

 

Puis soudain, un grand bruit dans le ciel. Entre deux tours, nous apercevons un nuage de fumée. Nous avions déjà vu ce phénomène un peu plus tôt dans l’après-midi sans vraiment nous interroger, mais là nous comprenons : un missile iranien vient d’être intercepté. Les réactions dans les rues sont assez sereines : des regards levés vers le ciel, mais pas de panique générale.

Quand la nuit tombe, les buildings s’allument. Nous profitons un peu du spectacle lorsqu’une seconde explosion retentit dans le ciel. Nous quittons la ville vers notre lieu de camping, à une vingtaine de kilomètres de là.

 

 

 

Le lendemain matin, bien qu’éloignés de la ville, nous assistons à de nouvelles interceptions. Allez hop, ne traînons plus : direction le nord et l’Arabie Saoudite, où la situation semble plus calme.

Nous nous arrêtons en route à Abu Dhabi pour visiter la grande mosquée. Impressionnante par sa taille, c’est la plus grande des Emirats et l’une des plus grandes du monde. Elle peut accueillir 40 000 fidèles. Et fait surprenant : son sous-sol abrite un immense centre commercial !

Une nouvelle fois, nous entendons une explosion au loin. Alors que nous reprenons la route, nous passons à côté de la base américaine d’Abu Dhabi. De la fumée s’en échappe : elle a dû être touchée. Une centaine de kilomètres plus loin, nous recevrons une alerte sur le téléphone. C’est un peu stressant, mais nous savons que nous sommes désormais loin des cibles potentielles.

Suite à ces événements, nous avons accéléré notre départ du pays vers l’Arabie Saoudite pour plusieurs raisons. Si les autorités décidaient de fermer les frontières, nous ne voulions pas être bloqués aux Emirats. Au moins, en Arabie Saoudite, nous pourrons avancer et aviser selon l’évolution de la situation. Ce pays est immense, avec moins de bases américaines — principales cibles des tirs iraniens —, les risques y sont donc moindres.

Le bilan de ce pays est assez contrasté. Notre séjour y fut assez court, Dubaï est bien sur une ville très extravagante et même si ça n’est pas le genre de lieu que nous affectionnons le plus, nous y avons passé de bon moments et rencontré tout un tas de gens super sympa. 90 % de la population des Emirats est immigrée, il est donc difficile de ressentir « l’âme » du pays. Alors que dans les pays voisins il faut faire attention à sa tenue, et en cette période de ramadan beaucoup de restaurants sont fermés, ici il est tout à fait toléré de s’habiller à l’occidentale, et à Dubaï tout les restaurants sont ouverts la journée. Et bien sur, l’embrasement soudain de la région nous fait nous questionner sur la suite de notre voyage.

Nous sommes en Arabie Saoudite depuis quelques jours et, ici, rien ne semble transparaître. Le pays est immense et il est facile de rester à l’écart des villes. Nous restons bien sûr vigilants, tout en nous tenant informés via différents canaux.

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