Le désert à perte de vue

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L’Arabie saoudite en plein ramadan, est-ce une bonne idée ? Nous le découvrons bien vite !
Les formalités d’entrée dans le pays sont un peu longues, car la voiture doit passer aux rayons X, mais nous avions bien pris soin de vider toutes nos réserves d’alcool à Oman. Place donc à la route : nous allons dévorer des kilomètres dans cet immense pays, grand comme quatre fois la France et recouvert à plus de 80 % de désert. Heureusement, le gasoil est bon marché (0,41 €) et les tensions actuelles dans la région n’ont pas d’incidence sur le prix.

 

Il faut tout d’abord traverser une partie du désert du Rub al-Khali, qui signifie « Quart vide » en français. C’est le plus grand désert de sable continu au monde, plus vaste que la France. Dans ce désert se trouve la route bitumée en ligne droite la plus longue du monde : 256 km sans aucun virage.

Puis nous rejoignons Riyad, passage obligé puisqu’il n’y a qu’une seule route en venant des Émirats ou d’Oman. Étant donné la situation dans la région, nous avons décidé d’accélérer un peu notre rythme et surtout d’éviter les zones proches des bases américaines. Nous ne nous y attardons donc pas et filons 50 km plus au nord pour atteindre le site d’« Edge of the World » en compagnie de Camille, Matthieu et leurs deux enfants.

Le site est spectaculaire : des falaises de 200 m de haut donnant sur une immense plaine désertique. Les températures ont chuté depuis notre entrée dans le pays, et surtout le vent est extrêmement fort.

Non loin de là se trouve une petite grotte, parfaite pour s’abriter du vent. Il est possible de s’y enfoncer sur une centaine de mètres et d’y rencontrer ses habitants.

La prochaine étape se situe quelque 500 km plus loin, en direction du sud-ouest : le parc d’Uruq Bani Ma’arid, situé dans le Rub al-Khali. Nous pouvons y dormir au pied des dunes.

Le lendemain matin, visite du parc guidée par des rangers dans leur 4×4, le tout pour la modique somme de zéro rial. Le désert s’étend à perte de vue ; on ne sait pas comment nos guides s’y repèrent sans GPS ni carte, en circulant au jugé à travers les dunes ! Nous apercevons également au loin quelques gazelles et trois oryx blancs, mais l’observation est difficile : ils nous entendent arriver de loin et s’éloignent rapidement.

Nous y passons une seconde nuit et profitons encore un peu des dunes.

Quelques heures de routes supplémentaires et nous arrivons au site d’Hima. Arrivés au centre des visiteurs, nous réveillons le garde en pleine sieste pour essayer d’obtenir quelques informations. Arrêt inutile : nous aurions mieux fait de rentrer directement sur le site ! Il est connu pour ses formations rocheuses et ses innombrables gravures rupestres datant de plusieurs milliers d’années.

Gravures de chameaux, autruches, buffles, écritures anciennes : le tout dans un décor lunaire. Nous nous baladons d’un site à l’autre et installons notre campement entre dunes et rochers.

Dans ce pays très sec, il n’est pas facile de trouver de l’eau. Le Wadi Lajab fait donc figure d’exception. Nous y accédons en voiture par un canyon très étroit, puis marchons quelques centaines de mètres pour trouver un peu d’eau. Malheureusement, pas de baignade ce jour-là : l’eau est peu profonde. C’est aussi l’occasion de retrouver quelques animaux que nous connaissons bien : des babouins.

Il n’est pas possible d’y dormir et, dès que quelques nuages font leur apparition dans l’après-midi, la police s’en mêle et évacue le site : le risque d’inondation éclair est pris très au sérieux. Nous filons donc vers la ville d’Abha (en Suède), avec un brouillard à couper au couteau. Ajoutée à la conduite kamikaze des Saoudiens, cela ressemble plus à une opération suicide, mais nous arrivons finalement après une montée continue de 30 km. La ville est perchée à 2 200 m d’altitude.

Nous continuons notre traversée à un rythme un peu plus rapide qu’à notre habitude et sélectionnons donc les sites que nous souhaitons visiter. Nous nous arrêtons rapidement au village de Rijal Almaa, mais comme partout en cette période de ramadan, tout est fermé en journée. Il n’y a personne dans les rues, c’est un peu triste.

Peut-être qu’à Jeddah, la seconde ville du pays, les choses seront différentes. La circulation est de nouveau très sportive : nous nous faisons couper la route un nombre incalculable de fois, mais une fois de plus nous arrivons à destination sans autre problème que quelques sursauts cardiaques. Nous visitons la vieille ville, remplie d’anciennes maisons traditionnelles.

Dans une boutique, nous discutons avec le vendeur qui nous montre une maquette de la mosquée de La Mecque, le lieu le plus saint de l’islam. L’occasion de poser quelques questions puisque le site, et même la ville entière, sont interdits aux non-musulmans. Nous apprenons ainsi que la mosquée peut accueillir près de 3 millions de fidèles en même temps.

La fin de la journée de jeûne approche : les terrasses des restaurants se remplissent, les plats sont servis mais personne n’y touche. Dès que l’heure sonne, tout le monde commence à manger en même temps. Il nous faut patienter un peu pour trouver une place, mais ne nous plaignons pas : nous ne faisons pas le ramadan.
La nuit, les rues se remplissent de monde. Il ne manque plus qu’une bonne bière en terrasse ! Chose évidemment impossible ici, le pays n’étant pas réputé pour son ouverture sur ce point. Jeddah semble toutefois un peu plus progressiste. Fait assez rare, nous apercevons quelques visages de femmes. Lorsqu’elles sont présentes – bien moins nombreuses que les hommes dans l’espace public – leur visage est généralement masqué, seuls les yeux étant visibles.

Le reste de la ville est moins attrayant, même si les abords de la mosquée Al Rahma nous réservent une belle surprise. Construite sur un récif, elle permet d’observer de nombreux poissons depuis son parvis.

La Jordanie est encore loin, la route continue ! C’est aussi l’occasion de rencontrer deux autres voyageurs, Daphné et Tawen, avec qui nous passons une bonne soirée au milieu des dunes.

Ils nous donnent un bon tuyau pour un excellent spot de snorkeling situé sur la côte. En théorie interdit pour des raisons obscures (risque de noyade ?), nous tentons le coup : 200 m à patauger dans moins d’un mètre d’eau, puis nous atteignons le récif. Un tombant d’une vingtaine de mètres, des coraux colorés comme nous n’en avions pas vu depuis longtemps et une multitude de poissons. La réputation de la mer Rouge en matière de vie sous-marine est largement justifiée.

Puis nous arrivons à l’un des sites touristiques majeurs de l’Arabie saoudite : Al-Ula. À 20 km au nord se trouve le site de Hegra, une ancienne cité nabatéenne occupée du Ier siècle avant J.-C. au Ier siècle après J.-C. S’il ne reste plus grand-chose de la cité elle-même, l’endroit abrite une centaine de tombes très bien conservées, car taillées directement dans la roche.

Au-delà des tombes, le site tout entier est spectaculaire, au cœur du désert.

Nous passons plusieurs jours aux alentours d’Al-Ula, notamment en compagnie de William, Cyrielle et leur fille Neela, une famille française résidant au Qatar.

Le désert environnant est rempli de formations rocheuses sculptées par l’érosion, comme la célèbre Elephant Rock ou encore la Rainbow Arch, haute d’environ 20 m..

Nous reprenons la route en direction du Wadi Disah. Pause à mi-chemin au milieu des rochers et de quelques pétroglyphes, où nous sommes rejoints par Jens, Regina et Marie.

Une tempête est annoncée pour la nuit : le vent se lève et l’orage gronde. Le lendemain matin, le wadi voisin se remplit soudainement, alors que le ciel est bleu. L’orage sévit en réalité à plusieurs dizaines de kilomètres. Cela illustre parfaitement le danger : mieux vaut éviter de dormir dans un lit de rivière, même sec.
La route est coupée : courant trop fort, eau trop profonde. Nous patientons toute la journée. Même les locaux n’osent pas traverser. Nous passerons le lendemain.

Le niveau a baissé pendant la nuit et nous reprenons la route vers le Wadi Disah. Il est possible de le parcourir en voiture, entre roseaux et canyon. Nous traversons les falaises ocres jusqu’à l’autre extrémité, où nous passons l’après-midi et la nuit en compagnie de nombreux dromadaires.

Il nous reste désormais à rejoindre puis remonter la côte vers le nord. Dernière soirée avec William, Cyrielle et leur fille qui repartent vers le Qatar, et dernier snorkeling malgré le temps mitigé.

Avant la frontière, étape à la ville de Haql pour profiter encore une fois du diesel peu cher, et nous apercevons depuis la plage l’Egypte, située juste de l’autre côté de la mer Rouge, à seulement 20 kilomètres.

Et après 3 semaines passées dans cet immense pays, direction l’avant dernier pays Arabe de notre périple : la Jordanie.

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Grimaud
Grimaud
1 jour il y a

Coucou
Ça a l’air chouette l’Arabie Saoudite et même si c’est désert vous faites toujours des rencontres..
À bientôt pour la Jordanie
Bises
Nadine