Les dernières savanes

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Entrée au Kenya, notre dernier passage de frontière en Afrique ! Voilà au moins quelque chose que nous ne regretterons pas. Et celui-ci ne se fera pas sans une petite tentative d’extorsion par l’agent d’immigration. Nous rentrons par la frontière de Busia, et non de Suam comme nous l’avions indiqué sur notre demande d’e-visa. Cela est un gros problème selon l’agent : «C’est très embêtant, il faut que vous repayez un nouveau visa de 30 $ chacun. Ou alors je vous inflige une amende de 10$ chacun et c’est bon. Parce que vous comprenez, dans notre système il est indiqué que vous devez rentrer là bas, c’est compliqué à changer… » Et blablabla, nous comprenons surtout qu’ils souhaite surtout se mettre 20$ directement dans la poche ! Nous insistons quelques minutes et nous pouvons passer, inutile de dire qu’aucun changement n’a été fait dans leur fameux système. Mais nous voilà au Kenya, le 27ème et dernier pays d’Afrique que nous allons traverser. Nous passons notre première nuit dans la ville de Kakamega, qui n’a rien à offrir à part un nom rigolo, puis nous traversons la forêt éponyme.

Nous y observons quelques singes au détour d’un virage : un singe à queue rouge quelques singes de Skyes.

Au fur et à mesure que la route continue, l’altitude augmente et nous arrivons à la ville d’Iten. Ce nom ne parle pas à grand monde et pourtant il devrait : la plupart des grands champions de courses kényans viennent d’ici, et la ville compte plusieurs centres d’entraînement. Nous croisons d’ailleurs de nombreuses personnes en train de s’entraîner sur les bords de la route, kenyans comme étrangers.

Nous passons la nuit au niveau d’un point de vue sur la vallée du Rift. A 2500 m d’altitude, les nuits sont un peu plus fraîches.

Au Kenya, comme pour la Tanzanie, nous décidons de faire l’impasse sur les parcs nationaux au vu des tarifs exorbitants pratiqués (de 80 à 100$ par jour par personne, et même 200$ pour 12h au Masai-Mara !). Nous décidons de nous rabattre sur des réserves nationales ou privées,comme celle de Romoi, qui comporte paraît-il quelques 600 éléphants. Sur la piste y accédant nous croisons quelques animaux que nous n’avions pas aperçu depuis belle lurette :

Une fois arrivés dans la réserve, nous croisons surtout des vaches. Puis nous nous installons pour deux nuits au bord de la rivière.

Les éléphants sont par contre bien difficiles à observer, car la végétation est très dense et très haute ! Heureusement quelques oiseaux dont ce superbe martin-pêcheur sont visibles aux alentours.

Le lendemain, nouvelle tactique d’observation : sur le toit de la voiture, nous aurons peut-être plus de chance. Et c’est le cas, nous croisons deux éléphants se frayant un chemin à travers les buissons.

Nous quittons la réserve de bon matin. L’objectif est de rejoindre une zone composée de différentes réserves privées et de « conservancy area ». Ces zones sont traversées par des routes publiques et nous avons bon espoir d’y observer des animaux. Mais la route est longue et il nous faut trouver un endroit pour dormir. Nous apercevons au loin une espèce d’église gigantesque, et décidons d’aller tenter notre chance. Il s’agit du sanctuaire de Subukia, et haut lieu du pèlerinage chrétien kényan.

Nous sommes autorisés à passer la nuit devant l’entrée, et discutons un peu avec les deux gardes, Richard et Henry. Ils sont issus de la tribu Kalenji et sont fiers de nous montrer leurs arcs faits mains. Ils les utilisent régulièrement, notamment lorsqu’un lapin imprudent s’aventure dans le parc…

La route continue le lendemain et nous arrivons dans le bush kényan, nous retrouvons enfin une sensation d’isolement et de solitude que nous n’avions pas vécue depuis bien longtemps ! Nous arrivons quelques heures plus tard dans un camping sommaire mais bien situé au dessus d’une rivière, et Sam le gestionnaire du camping nous organise un game drive dans un ranch voisin le lendemain.

Juste avant de partir pour ce fameux game drive, c’est un peu la confusion ! Nous avions bien compris que nous devions nous rendre à l’entrée du ranch avec notre véhicule, mais nous pensions que le game drive se ferait avec un autre véhicule. D’autant plus que nous partons à quatre, avec Sam et Alessio, un touriste italien. Sauf que la voiture ne comporte que deux places… Pour quelques kilomètres il est possible de s’installer à l’arrière mais pas pour une ou deux heures avec observations des animaux. Heureusement une fois arrivés Sam parvient à négocier avec une voiture de safari qui n’a qu’un seul passager. Ça y est l’observation peut commencer. Ce ranch est surtout connu pour l’un de ses pensionnaires : une femelle léopard noire.

Pourquoi cette couleur noire ? Il s’agit d’un léopard atteint de mélanisme, qui produit beaucoup plus de mélanine et cela lui donne sa couleur noir. Cette anomalie génétique concernerait moins de 1% des léopards en Afrique.

Cette femelle n’est pas seule : elle est accompagnée de deux de ses petits, et également le père qui se promène dans le coin. Quatre léopards dans la même journée, c’est assez exceptionnel !

Des diks-diks sont également présents. Nous ne sommes pas les seuls à les apercevoir ! L’un d’entre eux a la malchance de ne pas fuir assez rapidement à l’approche de la femelle qui en fera son repas. C’est la cruelle loi de la nature !

Avant de retourner près du camping nous croisons une famille d’éléphants en pleine séance de bain de boue.

Nous avions repéré un autre camping non loin de là, encore plus sommaire et avec une sensation de « perdu au milieu de nulle part » plus prononcée. Nous ne nous risquons pas à tenter le camping sauvage puisqu’ici tout appartient soit à une communauté, ou à un lodge privé, ou à on ne sait quoi d’autre et nous ne voulons pas risquer d’amende pour économiser quelques euros. Les vues sur la savane sont en tout cas superbes. Quelques girafes se promènent au loin, visibles à la jumelle.

Après une bonne nuit sous les étoiles, direction la ville de Nyanuki. Sur la route, quelques impalas , zèbres gris, et pintades.

A Nyanuki, nous sommes accueillis chez Isabelle et Christian, qui après 8 ans sur les routes ont décidé de s’installer ici ! Ils sont en plein chantier mais le terrain est bien assez grand pour nous faire une petite place. Nous y passons deux (excellentes) soirées en leur compagnie, à parler de tout, de rien et à échanger de nombreuses anecdotes de voyage.

Nous serions bien restés plus longtemps, mais il nous faut avancer. Nous devons envoyer notre voiture vers Oman prochainement, la date approche et nous avons encore plusieurs choses à voir. Direction le parc national de Meru. Nous nous laissons finalement tenter par un parc national, la fin de l’Afrique approche et nous souhaitons profiter des derniers instant possibles avec la vie sauvage ! Ce parc n’est pas l’un des plus connus du Kenya, nous y passerons la journée sans croiser une seule voiture, mais deux avions. La matinée sera plutôt réussie, avec un rhinocéros qui a l’air mal en point, des éléphants, hippopotames et quelques superbes girafes notamment.

Mais la densité d’animaux dans ce parc reste assez faible, et l’après-midi sera bien plus calme. Nous sortons du parc un peu avant sa fermeture et passons la nuit juste à côté d’un checkpoint de la police. Nuit tranquille assurée ! Nous repartons assez tôt le lendemain, nous avons beaucoup de route pour rejoindre notre étape suivante : les abords de la frontière tanzanienne et du parc Amboseli. Nous faisons cette route sur deux jours après avoir bivouaqué près d’un lac de barrage.

Nous arrivons au portes du parc, dans le campement Manjaro. Nous n’avons pas l’intention de visiter le parc mais simplement de passer une journée tranquille dans le campement, à profiter de la vue sur le Kilimanjaro situé juste de l’autre côté de la frontière, et en espérant voir quelques animaux.

En plus de quelques oiseaux, nous aurons la chance de voir successivement deux éléphants venant s’abreuver juste à côté du camping. L’un d’eux profitera également du gros arbre présent pour s’adonner à une petite séance de grattouilles. Nous les observons de très près, à l’abri derrière la clôture électrique.

Il est temps de partir, de quitter la savane est de se diriger vers Mombasa. Plus que trois jours avant de déposer la voiture dans le container et de nous retrouver simple piéton. Nous avons vu beaucoup d’animaux, mais n’y aurait-il pas une dernière possibilité sur la route ? Après quelques recherches sur internet, le Rukinga conservancy semble idéal ! Bon marché, bien situé à 3h de route de Mombasa, nous y passerons donc deux nuits. Et une fois arrivé sur place, que de bonnes surprises : nous pouvons circuler dans la zone à volonté, et même de nuit ce qui est assez exceptionnel. Cela nous permettra d’apercevoir un hibou du Cap, tranquillement posé au milieu de la piste, puis un serval, un petit félin exclusivement nocturne !

Nous rencontrons sur place Pascal, un fin connaisseur du Kenya et de cette réserve puisqu’il y vient régulièrement. Il nous partage ces astuces pour une meilleure observation : il n’y a pas énormément d’animaux ici, il vaut donc mieux choisir un point d’eau et ne pas trop bouger, attendre que les animaux viennent plutôt que de les chercher. En effet, leur observation sur la route est assez difficile du fait de la végétation assez dense. Nous suivons ses instructions à la lettre, et nous nous postons devant une grande mare. A peine arrivés nous voyons une lionne trottiner, hop nous la suivons quelques instants. Nous nous rendons bien vite compte de notre erreur : il n’y a pas une, mais bien deux lionnes !

Puis de retour au point d’eau, c’est une belle variété d’animaux qui décide de venir s’abreuver en même temps : zèbres, élands ainsi qu’une girafe.

Et pour finir, quatre jeunes éléphants mâles qui viennent faire une petite baignade, et se gratter les fesses !

Niveau rapport qualité/prix, cet endroit est imbattable au Kenya ! Nous passons une partie de la journée au camping avant de retourner en fin d’après-midi au même endroit. Les lionnes sont toujours là, et plusieurs éléphants passent également profiter de l’eau.

Une fois la nuit tombée, l’observation continue avec difficulté, et les quelques animaux que nous voyons sont assez fuyants. Malgré cela, notre passage ici est une réussite, même si l’idée d’en avoir terminé avec la vie sauvage emblématique d’Afrique nous laisse forcément nostalgiques.
Nous quittons définitivement la savane pour la ville de Mombasa et ses alentours. Nous partons retrouver Regina, Jens et Marie chez Mario, le prestataire avec qui nous nous organisons l’envoi de la voiture en container jusqu’à Salalah, à Oman. Et après cela, direction la plage !

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