Nouvelle frontière que nous passons facilement, et nouveau pays : l’Ouganda. Bonne surprise : le douanier nous dit que nous n’avons pas à payer la road tax de 60 $ grâce au Carnet de Passage. Espérons que nous ne serons pas embêtés à la sortie !
Nous arrivons à Kabale pour faire quelques courses et acheter une carte SIM, et nous comprenons vite qu’ici, blanc = portefeuille sur pattes. À peine garés, un agent de parking arrive et nous réclame l’équivalent de 5 €, alors que le prix maximum est de 0,50 €. Nous lui rions au nez et partons nous garer ailleurs. Il a le culot de nous réclamer quand même de l’argent puisque nous sommes entrés sur le parking. Et rebelote un peu plus tard, où un autre agent nous réclame cinq fois le prix maximum. Dommage, il n’aura rien non plus, celui-là.
Nous sommes près de la forêt de Bwindi, haut lieu du tourisme ougandais du fait de la présence de gorilles de montagne. L’activité y est deux fois moins chère qu’au Rwanda voisin, mais reste tout de même extrêmement onéreuse : 800 $ par personne. Nous ne ferons donc que traverser cette forêt, et nous apercevrons tout de même quelques singes : babouins et singes colobes noirs et blancs.
Un peu plus au nord se trouve le parc national Queen Elizabeth. Il est possible de le parcourir en partie sans payer de droits d’entrée puisqu’il est traversé par une route publique. Nous décidons donc de garder nos sous pour un autre parc un peu plus tard. Nous croisons malgré tout quelques animaux : topis, waterbucks, babouins, martins-pêcheurs et quelques éléphants au loin.
Nous souhaitons passer la nuit dans le petit village de Kazinga, accessible par une route censée être publique. Le village est entouré de buffles, d’éléphants et même de quelques hippopotames à quelques dizaines de mètres des habitations !
Nous obtenons l’accord du chef du village pour dormir sur place. Lorsque nous nous installons, une personne de l’Uganda Wildlife Authority vient nous parler ; son discours n’est pas très clair. C’est quelque chose que nous avions déjà remarqué : les Africains vont rarement droit au but. Finalement, nous comprenons que nous ne pouvons pas dormir là où nous sommes, et il nous redirige vers l’école du village. Pas de problème. Mais quand nous nous y installons, il revient avec l’un de ses collègues et nous explique qu’il faut aller au bureau pour payer… mais payer quoi, puisque nous sommes dans un village accessible par une route publique ?
Cela devient trop compliqué. Nous leur disons de laisser tomber et partons en direction d’un camping en ville. Mais de retour sur la route principale, surprise : une voiture du parc nous attend et nous escorte jusqu’au bureau des rangers. Là, ils nous disent que nous sommes entrés dans le parc illégalement, sans payer de droits d’entrée. Nous avons beau leur expliquer que la route est publique, comme indiqué sur la carte dans leur propre bureau (!), rien n’y fait : pour eux, c’est privé. Ils ne nous laissent que deux possibilités : payer les droits d’entrée du parc (140 $) et le visiter le lendemain, ou payer une amende salée. Le choix est donc vite fait, malgré de longues discussions, et nous partons nous installer au camping, bien énervés par cet événement.
Le lendemain, départ de bonne heure pour visiter ce parc. Même si ce n’était pas prévu, autant ne pas avoir payé pour rien ! Nous apercevons rapidement des éléphants, quelques lions mais un peu trop loin, puis même un léopard qui se repose dans son arbre.
Nous laissons le léopard tranquille et prévoyons d’essayer de le retrouver en fin de journée. Nous croisons ensuite une vingtaine d’éléphants, avec plusieurs petits.
La variété d’animaux dans ce parc n’est pas énorme : pas de girafes, de zèbres ni de rhinocéros, par exemple. Et alors qu’il est l’heure de retourner voir le léopard, mais la route est semée d’embûches : un énorme éléphant s’asperge de poussière juste à côté de nous, puis un troupeau de buffles que nous dérangeons en pleine sieste. Un peu plus loin, en bord de piste, un spectacle assez inhabituel pour nous : hippopotames et buffles partagent les mêmes bains de boue !
De retour à l’endroit où nous avions observé le léopard, nous constatons qu’il est parti. Heureusement, deux touristes tchèques que nous avions croisés à plusieurs reprises nous indiquent sa position, et nous parvenons à le suivre quelque temps avant qu’il ne disparaisse dans la savane.
La nuit approche, retour au camping. Dans la matinée suivante, deux éléphants traversent les lieux et s’amusent à se chahuter un peu… Impressionnant et effrayant !
Arrivés à proximité de la forêt de Kibale, nous passons près de plusieurs lacs de cratère et passons la nuit au bord de l’un d’eux. Impossible de s’y baigner : un hippopotame solitaire y a élu domicile.
Nous avons réservé une balade guidée autour d’un marais situé juste en dehors de la forêt. Au programme : plusieurs singes, dont le singe à queue rouge, que nous n’avions pas encore observé. Bottes indispensables pour cette promenade — heureusement, elles sont fournies.
Au départ, nous ne souhaitions visiter qu’un seul parc national dans ce pays : Murchison Falls, au nord. Suite à notre visite non planifiée mais superbe du parc Queen Elizabeth, nos plans ont changé et nous n’avons plus besoin d’aller si loin. Et cela tombe bien : Noël approche, et nous avons pris contact avec deux autres voyageurs, également en Ouganda, pour réveillonner ensemble.
Mais avant cela, une épreuve de taille : traverser Kampala, la capitale. Les routes sont mauvaises, il y a de plus en plus de monde, et une fois en ville, les embouteillages sont légion. Nous prenons notre mal en patience et mettons le cap sur Jinja pour y retrouver Véronique et Jésus, en voyage depuis… six ans ! La belle vie de retraités !
Jésus nous fait des miracles : il nous déniche un joli camping, négocié à un prix imbattable et idéalement situé à l’embouchure du lac Victoria, là où le lac se transforme en fleuve : le mythique Nil.
Nous passerons finalement cinq jours ici. Nous avons énormément roulé ces derniers temps et devons planifier précisément notre passage au Kenya, ainsi que le shipping, qui approche à grands pas.
Une fois les choses plus claires, direction la frontière ! Nous sortons sans trop d’encombres, malgré un douanier qui se demande pourquoi nous n’avons pas payé la fameuse taxe routière mentionnée au début de ce récit. Nous nous excusons gentiment en expliquant la situation et, finalement, il nous rend nos documents en nous faisant promettre de la payer lors de notre prochain passage en Ouganda. À vos ordres !
Mais en attendant… direction le Kenya !
