Dernière étape avant l’Europe

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Ce fut compliqué, mais nous avons finalement réussi à quitter la péninsule Arabique. Au moment d’écrire ces lignes, une dizaine de jours après avoir franchi la frontière, nous mesurons la chance que nous avons eue de passer sans encombre. Nous étions les seconds voyageurs à emprunter ce poste-frontière et, après nous, seuls cinq véhicules ont pu faire de même rapidement. D’autres sont restés bloqués plusieurs jours entre la Syrie et la Turquie, certains côté syrien, d’autres dans le no man’s land. Certains ont même attendu jusqu’à douze jours. La raison : l’entrée en Turquie n’était officiellement autorisée qu’aux détenteurs d’un passeport turc ou syrien. La situation s’est ensuite débloquée avec l’aide des ambassades, selon la nationalité des voyageurs concernés. Nous sommes bien heureux d’avoir évité cette mésaventure et espérons que les démarches se simplifieront pour les suivants.

Le retour vers la France devrait désormais se faire sans embûches. Nous sommes en Turquie, pays que nous avions déjà traversé à deux reprises en 2019. Nous nous trouvons dans la région d’Antioche, tristement connue pour avoir été frappée par le séisme de 2023 qui fit plus de 50 000 morts. De nombreux travaux sont encore en cours dans la ville, et la circulation n’y est pas aisée. Nous passons notre première soirée avec Matthieu et Camille, histoire de célébrer cette traversée.

 

 

 

Quelques sites méritent un détour en rejoignant la côte, à commencer par le tunnel de Titus, construit entre le Ier et le IIe siècle avant J.-C. Il servait à évacuer l’eau lors des épisodes de fortes pluies afin de protéger la ville des inondations, et fut entièrement creusé à la main.

Petit arrêt ensuite à l’arbre de Moïse. Selon la légende, Moïse se serait arrêté ici pour une pause certainement bien méritée. Il aurait planté son bâton dans le sol, puis un arbre aurait poussé à cet endroit.

Nous rejoignons ensuite les hauteurs pour passer la nuit, avec de jolies vues sur la mer.

Le lendemain est celui des adieux. Matthieu et Camille prennent la direction de la Géorgie, Jens et Regina comptent prolonger un peu leur séjour sur la côte, tandis que nous mettons le cap sur la Cappadoce. Une grande page se tourne avec ces fidèles compagnons de route.

Plutôt que de filer au plus vite par l’autoroute, nous choisissons un itinéraire à travers les montagnes encore enneigées. Les nuits y sont fraîches, mais le décor vaut largement le détour.

Nous arrivons ensuite en Cappadoce, où nous comptons nous poser quelques jours. Cet endroit nous avait déjà conquis lors de notre passage en 2019, et il reste bien d’autres merveilles à découvrir. Pour commencer, nous misons sur nos acquis et retournons sur un bivouac que nous connaissons déjà, idéal pour observer les montgolfières décoller au petit matin.

La différence majeure avec notre précédent passage tient au nombre de véhicules aménagés présents sur place. Nous en croisons une bonne quinzaine, alors même que nous sommes en basse saison. Au détour d’une rencontre, nous apprenons également que les vols en montgolfière ne sont pas si chers que nous l’imaginions. Un rapide tour à Göreme pour comparer les prix, et le verdict tombe : 50 € seulement. Nous ne réfléchissons pas longtemps et réservons pour le lendemain matin. Lever aux aurores pour un décollage vers 5 h 45, puis le spectacle commence. C’est déjà impressionnant depuis le sol, mais vu d’en haut, c’est une toute autre perspective qui s’offre à nous.

Si l’organisation peut sembler un peu industrielle, avec trente passagers répartis dans différents compartiments, une fois en l’air cela ne pose aucun problème. Surtout lorsque nous apprenons que certains ont payé, pour la même prestation, plus de trois fois notre tarif. Nous savourons l’instant tandis que le pilote prend de l’altitude, avant de redescendre dans la vallée de l’Amour au plus près des formations rocheuses.

Après une heure de vol, nous retrouvons la terre ferme, ravis de l’expérience. Pour prolonger cette superbe journée, nous partons ensuite randonner quelques heures dans les vallées voisines.

Au détour des chemins, nous découvrons des églises troglodytes, des passages dans des canyons étroits et d’anciennes habitations creusées dans la roche. La randonnée est splendide, et l’on comprend vite pourquoi l’endroit porte le nom de vallée Rose.

Nous y rencontrons Thomas et Florine, accompagnés de leur adorable chienne Heidi. Nous passerons quelques jours ensemble, à commencer par la visite des grottes de Golgoli. Un autre site où nous étions déjà venus, et où il est possible d’escalader les anciennes habitations troglodytes.

Lorsque la pluie et le vent s’en mêlent, nous adoptons à notre tour le mode de vie des premiers habitants et passons la soirée dans une grotte.

Le lendemain, le soleil fait son retour, ce qui nous permet de pousser l’exploration un peu plus loin.

Puis vient l’heure de quitter les lieux. Mais la pluie a bien fait son œuvre, et la piste oscille entre passages légèrement boueux et portions franchement glissantes. Pas vraiment de souci pour la Bajmobile, mais pour le fourgon T4 de nos amis, c’est un peu plus compliqué. Peu à peu, nous progressons ensemble et parvenons finalement à rejoindre le goudron sans casse.

Notre prochaine étape est Derinkuyu et sa ville souterraine. Impressionnante par ses dimensions, elle compterait une dizaine d’étages et atteindrait jusqu’à soixante mètres de profondeur, même si tout n’est pas accessible au public. Cette cité n’était pas habitée en permanence : elle servait surtout de refuge en cas d’invasion, et les habitants pouvaient y rester plusieurs semaines. On y trouve de nombreuses salles, des couloirs étroits et d’ingénieux systèmes d’aération.

Nous rejoignons ensuite Florine et Thomas pour bivouaquer au bord d’un lac, puis visitons la réserve de Nallıhan afin d’observer quelques oiseaux.

Avant de prendre la route pour Istanbul, nous passons à proximité d’un site original : Burj Al Babas. Ce projet immobilier de luxe, lancé en 2014 puis abandonné, rassemble des centaines de villas identiques semblables à de petits châteaux.

Après la campagne, place à la ville, et pas n’importe laquelle : nous prenons la direction d’Istanbul. Nous traversons le détroit du Bosphore et rentrons géographiquement en Europe.

Avant de visiter la ville, nous retrouvons Laïla et sa famille. Les lecteurs les plus attentifs se souviendront peut-être d’elle : nous l’avions rencontrée au Maroc, où elle nous avait invités à un repas gargantuesque. Par un heureux hasard, nous visitons Istanbul au même moment.

En fin de journée, nous partons découvrir la ville, à commencer par Istiklal Caddesi. Grande artère commerçante piétonne traversée par un ancien tramway, elle regorge de passages, de caravansérails et d’églises, et nous laisse immédiatement sous le charme.

Au bout de l’avenue, nous arrivons dans le quartier de Galata, avec ses petites ruelles en pente et surtout sa célèbre tour, construite en 1348 par les Génois.

Nous passons également par Karaköy, au bord du Bosphore, où de nombreux pêcheurs tentent d’attraper quelques poissons.

Notre second jour de visite est pluvieux, mais heureusement les activités choisies s’y prêtent parfaitement : visite du bazar égyptien, puis de la mosquée de Soliman le Magnifique.

Dans la continuité des visites couvertes, direction ensuite le Grand Bazar d’Istanbul. Le lieu conserve un certain cachet, avec ses allées spécialisées (antiquaires, bijoux…) et ses fontaines encore en activité à certaines intersections.

 

 

 

Après cette journée sous un ciel bien maussade, nous terminons en beauté avec salle de sport, piscine et bar local : un peu de confort fait toujours du bien.

Avant de repartir vers l’ouest, nous prenons un ferry pour repasser du côté asiatique, vers le quartier de Kadıköy. Depuis le bateau, nous apercevons la Mosquée Bleue et le palais de Topkapı.

 

 

 

Aujourd’hui, le soleil est au rendez-vous. Nous décidons donc de repasser par le quartier de Galata afin d’en profiter sous un autre visage.

Nous quittons Istanbul en début d’après-midi et, après un dernier bivouac en bord de mer, refermons un nouveau chapitre de ce voyage. Nous disons au revoir à la Turquie et au Moyen-Orient pour rentrer définitivement en Europe : nous voici en Grèce.

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2 Commentaires
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Laurent brigitte
Laurent brigitte
12 jours il y a

Bienvenue dans des contrées plus paisibles, on est soulagé pour vous
Ps au boulot maintenant !

Eric
Eric
15 jours il y a

Et vous revoilà en Europe !
A bientôt …
Rdv à 17h précise ?